L'hôtesse était un homme
Quand on fait la queue pour embarquer, après avoir scouaté la moquette en s'étalant le plus possible pour ne pas se faire piquer sa place (sinon on se retrouve à devoir mettre ses bagages à main à 3 kilomètres de son siège), tout le monde se réveille pour regarder l'équipage qui, le buste droit, le sourire confiant et l'oeil vif, en grande conversation sur la pluie et le beau temps, suit deux types avec des barres dorées sur les épaules. Dans le lot, il y a toujours, c'est la loi de la nature, des hôtesses plus jolies que les autres et je voudrais bien savoir qui n'espère pas secrètement que ses repas lui soient apportés par la jolie Thaïlandaise, avec son regard de braise, ou l'Arabe, avec ses grands yeux noirs à se noyer dedans. histoire d'échanger quelques mots, pour rendre le voyage plus agréable, quoi.
Mais pas l'autre, là, pitié, moche avec des boutons, Sydney-Abu Dhabi c'est long, autant que ça serve, nom d'une pipe !
Le pire, c'est quand il n'y en a qu'une de jolie et qu'elle est dans la rangée à côté. Evidemment j'ai eu droit au type qui n'a pas souris du trajet et moi ça m'intéresse pas. Parce que quand un mythe n'est pas entretenu (le mythe de l'hôtesse de l'air), tout peut s'effondrer autour de soi.
A l'escale à Abu Dhabi, j'ai pu me masser les débuts d'escarres que 14h de vol m'ont infligé aux fesses. Cet aéroport, on se dit que vu l'argent qui passe dans ce pays, il doit bien avoir moyen qu'il soit particulièrement développé et tourné vers le touriste. Non, c'est une sorte de gymnase circulaire très moche avec des rangées de sièges partout qui bloquent le passage. Et comme il est tout petit, il n'y a pas assez de place pour que tout le monde puisse s'asseoir.
J'ai mené mon enquête auprès de plusieurs personnes : sur le trajet Paris Sydney, Dubaï vaut le coup comme aéroport, et la compagnie aérienne qui semble sortir du lot est Singapour Airlines. Je le saurai.
A l'arrivée au Moyen-Orient, le commandant de bord nous annonce l'heure locale, il est 11h30. Bah, on recule d'un jour, quoi, en Australie on avait 6h d'avance. C'est un peu l'île du jour d'après, l'Australie, si vous voulez. Au départ du Moyen-Orient, le commandant de bord nous donne tout de suite l'heure française (très bien, ça, c'est fait), et après 3h d'escale... il faut à nouveau retourner à ce 7 septembre qui aura existé trois fois cette année. A l'arrivée à Paris, il nous redonne l'heure française mais elle est différente, bon, ça commence à bien faire de se taper le remontage du temps !
Inutile de dire que dans le taxi, je me suis rendu compte qu'il s'était planté une deuxième fois, le bougre.
- Euh, il est pas 7h du mat, là ?
- Non non, il est 8h.
-Ah, bordel ! (comme dirait un général que je connais bien)
Ouais enfin voilà, j'ai remis les pieds sur ma terre et je replie mes ailes pour un bout de temps. En plus il me reste une semaine d'été, ça va me faire du bien. De quoi me remettre de ce que j'ai cru être une mauvaise blague... la France a perdu contre l'Argentine. Non mais sans déconner.
Avec cette histoire de hémi-circumnavigation, j'ai enfin réalisé un rêve qui est bien vieux chez moi : remonter le temps. Et là j'ai été gâté, surtout que deux passagers avec qui j'ai discuté à des moments différents m'ont tous les deux donné 22 ans.
Mais pas l'autre, là, pitié, moche avec des boutons, Sydney-Abu Dhabi c'est long, autant que ça serve, nom d'une pipe !
Le pire, c'est quand il n'y en a qu'une de jolie et qu'elle est dans la rangée à côté. Evidemment j'ai eu droit au type qui n'a pas souris du trajet et moi ça m'intéresse pas. Parce que quand un mythe n'est pas entretenu (le mythe de l'hôtesse de l'air), tout peut s'effondrer autour de soi.
A l'escale à Abu Dhabi, j'ai pu me masser les débuts d'escarres que 14h de vol m'ont infligé aux fesses. Cet aéroport, on se dit que vu l'argent qui passe dans ce pays, il doit bien avoir moyen qu'il soit particulièrement développé et tourné vers le touriste. Non, c'est une sorte de gymnase circulaire très moche avec des rangées de sièges partout qui bloquent le passage. Et comme il est tout petit, il n'y a pas assez de place pour que tout le monde puisse s'asseoir.
J'ai mené mon enquête auprès de plusieurs personnes : sur le trajet Paris Sydney, Dubaï vaut le coup comme aéroport, et la compagnie aérienne qui semble sortir du lot est Singapour Airlines. Je le saurai.
A l'arrivée au Moyen-Orient, le commandant de bord nous annonce l'heure locale, il est 11h30. Bah, on recule d'un jour, quoi, en Australie on avait 6h d'avance. C'est un peu l'île du jour d'après, l'Australie, si vous voulez. Au départ du Moyen-Orient, le commandant de bord nous donne tout de suite l'heure française (très bien, ça, c'est fait), et après 3h d'escale... il faut à nouveau retourner à ce 7 septembre qui aura existé trois fois cette année. A l'arrivée à Paris, il nous redonne l'heure française mais elle est différente, bon, ça commence à bien faire de se taper le remontage du temps !
Inutile de dire que dans le taxi, je me suis rendu compte qu'il s'était planté une deuxième fois, le bougre.
- Euh, il est pas 7h du mat, là ?
- Non non, il est 8h.
-Ah, bordel ! (comme dirait un général que je connais bien)
Ouais enfin voilà, j'ai remis les pieds sur ma terre et je replie mes ailes pour un bout de temps. En plus il me reste une semaine d'été, ça va me faire du bien. De quoi me remettre de ce que j'ai cru être une mauvaise blague... la France a perdu contre l'Argentine. Non mais sans déconner.
Avec cette histoire de hémi-circumnavigation, j'ai enfin réalisé un rêve qui est bien vieux chez moi : remonter le temps. Et là j'ai été gâté, surtout que deux passagers avec qui j'ai discuté à des moments différents m'ont tous les deux donné 22 ans.
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