21 sept. 2007

Envie de vomir ?

Je ne destine pas ce blogue à devenir une plateforme vidéo, mais c'est quand même plus parlant qu'un mauvais article. Le 17 septembre dernier, lors d'une session de questions-réponses avec John Kerry, un étudiant un peu excité - mais posant des questions qui auraient fait rigoler n'importe quel politique/journaliste/assemblée en France ("êtes-vous dans la même société secrète que Bush [ce qui expliquerait que vous ayez perdu les élections, nda]"), est attrapé par les services de police américains, sans avoir eu le temps de finir son intervention qui n'aura duré que moins d'une minute. Bon, après le choc électrique qui me révulse, il faut bien se dire que c'est aussi ça, l'Amérique d'aujourd'hui. Depuis le 9/11, elle prend de sérieux airs de nation totalitariste, avec tous ses services de police qui ont des droits qui dépassent tout entendement.

Certains diraient : "Pas autant que l'Australie, dont la véritable frousse est de se faire envahir militairement par l'Indonésie". Hein, quoi, l'Indonésie, avais-je répondu d'un air incrédule ? Puis j'ai vu les panneaux officiels dans l'aéroport de Sydney, disant en gros "l'humour n'est pas toléré et peut conduire au refus de passage en douane, à la confiscation des bagages et du billet d'avion". Pétard, je savais qu'ils étaient plutôt du style "premier degré" les Australiens, mais là ça devient niveau zéro, the glacial level.

La liberté de parole, ce fameux "freedom of speech" inscrit dans la sacrosainte Constitution ? Ne cherchez pas, ça fait longtemps que les Américains ont accepté de le mettre à la poubelle, tétanisés par le devoir d'unité nationale. En revanche, le droit (constitutionnel lui aussi) de posséder une arme à feu pour former une milice et défendre le village en cas d'attaque d'Indiens ou de despéradosses, ça, pas de problèmes.

Les Tasers, ces armes électriques (qui ont déjà fait plusieurs morts par électrocution ou arrêts cardiaques), sont utilisables n'importe quand et sur n'importe qui, puisque non létales. Bah oui, on peut tuer quelqu'un assez facilement tant qu'on réunit certains critères (quand on est en légitime défense, qu'on est blanc, chrétien, et qu'on parle sans accent étranger, pas de soucis). Alors quelles limites pourrait-on mettre à une arme non mortelle, voyons. C'est comme si on autorisait le ouisqui mais pas le pinard. Le Taser est vendu comme arme non létale "car présentant un risque faible de provoquer la mort", et "officiellement sans effets à long terme". Un peu comme les OGM, tiens : personne n'a aujourd'hui les capacités technologiques de connaître les conséquences à long terme sur les structures moléculaires des organismes (des plantes, des animaux et des hommes), mais bon, hein, si on n'essaie pas, on ne saura jamais que c'est dangereux. T'en veux, de l'argument. On n'est même pas capable de calculer le véritable impact de la cigarette sur le corps en dehors de jolies courbes de statistiques : il y a très forte présomption, un fort faisceau d'indices, mais pas de preuves tangibles. Alors les OGM... Inutile de préciser que pour les OGM, la très grande majorité des études ont été faites par les "metteurs en marchés", ce qui garantit, comme tout le monde le renifle, une objectivité à toute épreuve. Parce que l'homme dont le métier est de faire du profit est bon et altruiste par nature.

Quand je créerai mon médicament, la première chose que je ferai, c'est de sortir des études dont les conclusions seraient que non seulement c'est sans danger, mais qu'en plus c'est impératif de l'acheter : c'est la base fondamentale du markéting. En plus il y a un créneau qui s'ouvre très fort en ce moment, c'est les placébos, qui ont prouvé il y a quelque mois qu'ils avaient un effet positif même quand le patient était au courant. Je note sur ma liste de course : acheter de la farine.

Vous avez déjà remarqué que les tubes de dentifrice et tous les produits d'hygiène en général portent la mention : "testé en laboratoire" ? Mais qu'on ne connait pas les résultats de ces tests ? L'idéal serait quand même qu'on puisse vérifier que les tests sont faits par des organismes indépendants, non ? Surtout quand on sait que seuls 5% du budget d'un laboratoire pharmaceutique est consacré à la recherche, une poussière par rapport au budget mercatique/publicité.


Mais qu'est-ce que le Taser ? Voir la définition sur Wikipédia, où l'on apprend comment l'électrochoc de 50.000 volts paralyse (ou court-circuite) le système nerveux.

Revenons à cette vidéo, et imaginons un peu cette scène en France. Mettons, dans un amphi de la Sorbonne, où le/la perdant(e) des dernières élections présidentielle répondrait à une assemblée clairsemée. Un étudiant pose des questions un peu "rentre-dedans", y aurait-il 7 policiers qui se jetteraient sur lui comme des morts de faim, sans qu'il n'ait eu le temps de finir sa question ? Le responsable politique signerait son arrêt de mort politique s'il n'intervenait pas personnellement pour arrêter le scandale, satisfaisant du même coup le sentiment inconscient mais général du Français que les flics sont des brutes contre qui il faut le balancier que nous offre la séparation des pouvoir. Ne pas faire ce balancier serait une occasion manquée de continuer la politique sans une fâcheuse étiquette de fasciste.

Quant à l'électrification, je ne suis pas sûr de voir la raison d'un tel acte. C'est gratuit : l'étudiant est maintenu au sol et ne peut plus bouger. Les États-Unis sont dans une situation particulière dans le sens où ils n'ont plus la bête noire du communisme, et subissent donc "l'effet miroir", un repli sur soi qui suit toujours la victoire sur le dernier adversaire, effet que mon professeur de stratégies nous définissait pas plus tard qu'hier comme le germe des nationalismes et traditionalismes.

Les Russes sont toujours les rouges, mais c'est plus à cause de la Vodka que par idéologie politique. Plus de méchants rouges et russes ? Alors, où est l'ennemi ? S'il n'existe plus, qui va prendre sa place ? Le voisin de palier ? C'est une première solution.

Autre solution : on en crée un tout nouveau, comme Al Quaeda par exemple. Al Quaeda, c'est rien, c'est tout. C'est un grand panier où l'on met tout ce qui nécessite un regroupement de la nation autour de son président élu démocratiquement par les juges de la Cour suprême choisis par son Papa, après l'annonce officielle par l'ancienne collaboratrice de son Papa en charge des élections. Ouh là, je deviens vraiment communiste, moi, j'espère que la CIA ne lit pas mon blogue, puisque maintenant grâce au PATRIOT Act, ils se sont donnés le droit de venir me chercher chez moi pour m'emmener en prison chez eux. En tout cas, on peut préférer le terme de "nébuleuse d'Al Quaeda", plus juste parce que c'est flou, même chez les Combattants de Dieu. L'Europe traîne les pieds ? Bon, dans ce cas on entend Bin Laden dire qu'il faut reconquérir l'Andalousie. D'ici un an, si on se rétracte sur le positionnement plus agressif qu'on vient de prendre sur l'Iran, je vous parie qu'on va entendre Bin Laden dire à ceux qui se sentent concernés qu'il faut reconquérir jusqu'à Poitiers pour chasser les infidèles.

On prend un milliardaire, pas blanc, pas chrétien, qu'on connait bien, et on laisse même toute sa famille repartir au pays en avion affrété par l'ambassade d'Arabie Saoudite, après une dernière réunion des actionnaires de la fameuse entreprise Carlyle à Washington (dont la famille Bush et le frangin d'Oussama), alors qu'on est le 12 septembre 2001 et que tous les avions ont interdiction de survoler le territoire. Et comme le pouvoir, ça a toujours été de détenir l'information, on met des secrets partout, on cloisonne bien ses services pour que personne n'ait de visibilité totale et donc ne puisse se faire une véritable idée de la structure. Ça marche : les gens ne saisissent pas vraiment la portée de mensonges comme ceux donnés à la suite du 9/11 par les divers experts et responsables. Même si ça évolue d'après un sondage du 6 septembre qui montre que 51% des américains veulent qu'une enquête soit menée par le Congrès sur les implications de Bush et Cheney dans les événements du 11 septembre.

Et puis on réutilise les vieilles ficelles qui marchent toujours : la chasse aux sorcières. Quelqu'un qui n'est pas d'accord avec les règles (im)posées par le gouvernement est par définition un traitre à la Nation puisqu'il aide implicitement les terroristes à s'implanter.

Et il se prend, au mieux (inch'Allah), un coup de Taser(tm), version militaire, lunette de soleil profilées et casquette de bèsebaule. Dans un pays où la communauté a le droit de mettre quelqu'un à mort, serait-ce un moindre mal ?

"Don't tase me, Bro, don't tase me !! Aaaaaarrgh, aaaaaaaaaaaaargh !!!"





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